À la centrale de Golfech, un bouton effleuré et des données effacées ont suffi à provoquer des déclarations à l’autorité de sûreté en octobre. Sans conséquence réelle, ces écarts décrits par EDF montrent où se logent les erreurs de geste et comment un contrôle les rattrape.
- EDF a déclaré 6 événements significatifs à l’ASNR pour le mois d’octobre 2026.
- Tous ceux liés aux réacteurs sont classés au niveau 0 de l’échelle INES.
- Un repérage d’équipement a déclenché une alarme de 1,6 seconde.
- Une erreur de saisie a été interceptée au contrôle de l’opération.
Plan de l'article
Que s’est-il passé à Golfech en octobre ? #
Le bilan mensuel d’EDF recense six événements déclarés à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection. L’exploitant précise qu’ils n’ont pas eu de conséquence réelle sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ni l’environnement.
À lire H2 Académie à Bolbec : la réalité virtuelle entre dans la formation des techniciens hydrogène
La Dépêche du Midi a mis en avant les maladresses humaines de ce relevé. Ces écarts ordinaires intéressent bien au-delà du nucléaire : ils ressemblent à ce qui arrive dans n’importe quel atelier.
Comment un simple repérage peut-il déclencher une alarme ? #
Pendant la visite partielle de l’unité n° 1, un salarié voulait identifier un autre matériel devant subir un essai similaire. En le repérant, il a effleuré involontairement le bouton de réglage de l’équipement, puis l’a remis aussitôt en position initiale. Une alarme est apparue en salle de commande pendant 1,6 seconde.
L’épisode a été déclaré le 2 octobre au niveau 0 de l’échelle INES, qui en compte 7. Ce qui frappe, c’est le moment : l’intervenant n’agissait pas encore sur la machine, il cherchait seulement à la reconnaître.
Sur un site industriel, ce temps de repérage est rarement traité comme une opération à risque. Pourtant, il rapproche les mains des organes de réglage. Un étiquetage lisible à distance et des caches sur les commandes sensibles réduisent cette exposition, sans procédure supplémentaire.
Que montre l’erreur de saisie du 13 octobre ? #
Lors du redémarrage de l’unité n° 1, un essai périodique imposait de saisir des données dans un logiciel. Les intervenants en ont supprimé certaines par erreur, puis ont transmis les éléments à une nouvelle équipe chargée d’implanter les paramètres.
L’erreur a été détectée lors du contrôle de l’opération, et les bons paramètres ont ensuite été implantés. L’événement a été déclaré le 23 octobre au niveau 0.
Le cas réunit deux situations délicates : une donnée modifiée dans un outil informatique et un passage de relais entre équipes. Dans une GMAO ou sur un variateur, la parade reste la même : une relecture indépendante des valeurs saisies avant leur application, par quelqu’un qui ne les a pas entrées.
Les autres écarts relèvent-ils du matériel ? #
Oui, pour plusieurs d’entre eux. Le 14 octobre à 1 h 05, le réacteur n° 2 s’est arrêté automatiquement en raison d’un dysfonctionnement d’un équipement du contrôle-commande. Un second arrêt automatique, lié au premier, a donné lieu à une nouvelle déclaration le 19 octobre.
À lire Rondes de surveillance : comment anticiper les dérives pour plus de sécurité
Le 13 octobre, lors d’un essai consistant à baisser la puissance de l’unité n° 1 jusqu’à 50 % avant de la remonter, une alarme a signalé le dépassement d’un seuil. L’intervenant a rétabli la configuration attendue en quelques minutes.
Le dernier sujet concerne les groupes froids. Le cumul annuel des fuites de fluides frigorigènes a atteint 134,05 kg, au-delà du seuil de 100 kg sur le site qui impose la déclaration. Les équipements en cause ont été mis hors service et vidangés, et des analyses sont en cours sur les causes profondes.
Quelle méthode retenir pour une usine ? #
EDF ne tire pas ces conclusions : elles sont les nôtres. Le premier réflexe utile consiste à enregistrer aussi les écarts sans conséquence. Un bouton remis en place en une seconde disparaîtrait de la plupart des registres, alors qu’il révèle une configuration propice à l’erreur.
Le deuxième tient à la consolidation. Des fuites de fluide isolées paraissent bénignes, mais leur cumul sur l’année franchit ici un seuil. Suivre un indicateur annuel, plutôt que traiter chaque intervention à part, permet de voir venir ce type de dérive.
Questions fréquentes #
Que signifie le niveau 0 de l’échelle INES ?
C’est le plus bas de l’échelle INES, qui en compte 7 selon EDF. Les événements de Golfech ainsi classés sont présentés par l’exploitant comme sans impact réel sur la sûreté et le personnel.
Combien d’événements ont été déclarés à Golfech en octobre 2026 ?
EDF en mentionne six, dont cinq classés au niveau 0 de l’échelle INES et un événement environnement lié aux émissions de fluides frigorigènes.
Comment l’erreur de saisie a-t-elle été repérée ?
Elle a été détectée lors du contrôle de l’opération, avant que les paramètres corrects ne soient implantés sur l’installation, selon le bilan publié par EDF.



