Incendie de Torcé : l’usine Vandemoortele brûle en pleine maintenance annuelle, les leçons pour les arrêts techniques

L’usine Torcé 3 de Vandemoortele, en Ille-et-Vilaine, a été détruite par un incendie le 28 octobre 2026 alors qu’elle était à l’arrêt pour sa maintenance annuelle. L’origine du feu n’a pas été communiquée, mais le contexte rappelle que les arrêts techniques comptent parmi les périodes les plus sensibles pour le risque incendie.

En bref
  • Le feu s’est déclaré vers 14 h 30 dans un bâtiment de 9 000 m², à l’arrêt pour maintenance annuelle.
  • Un intervenant extérieur était sur place, selon le groupe ; la cause n’a pas été rendue publique.
  • 125 pompiers ont été mobilisés et un nouveau départ de feu a été maîtrisé le 30 octobre.
  • Les 71 salariés de la ligne seront réaffectés sur les deux autres sites dès le 2 novembre.

Que s’est-il passé à Torcé ? #

Selon actu.fr (Le Journal de Vitré), le sinistre a débuté vers 14 h 30 le mercredi 28 octobre à Torcé 3, l’une des trois usines de boulangerie du groupe belge sur la commune. Le site fabriquait des viennoiseries et des galettes des rois.

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« Un intervenant extérieur était sur les lieux au moment des faits », a indiqué le groupe. Aucun salarié n’a été blessé ; trois personnes de l’entreprise extérieure ont été prises en charge pour une légère inhalation de fumée. Le feu a été maîtrisé vers 2 h du matin.

D’après un second article d’actu.fr publié le 30 octobre, 125 sapeurs-pompiers et une cinquantaine d’engins issus de 22 casernes ont été engagés. Un nouveau départ de feu dans les décombres a été rapidement maîtrisé vendredi matin, et une surveillance renforcée est maintenue pendant une semaine.

Et pour les salariés et les clients ?

Vandemoortele annonce qu’il n’y aura pas de chômage technique. Les 71 salariés reprendront le 2 novembre, comme prévu à la fin de l’arrêt, sur les sites Torcé 1 et Torcé 2. Le groupe évoque un plan de continuité pour ses clients et assure qu’il reconstruira l’usine.

Pourquoi l’arrêt de maintenance est-il une période à risque ? #

Rien ne permet aujourd’hui de relier l’incendie de Torcé à une opération précise. Le cas illustre néanmoins une réalité bien connue des responsables maintenance : une usine à l’arrêt n’est pas une usine sans danger.

Pendant un arrêt annuel, les interventions se concentrent sur quelques jours. Plusieurs entreprises extérieures travaillent en même temps, souvent sur des zones habituellement fermées. Les automatismes et certaines détections peuvent être neutralisés pour les besoins des travaux, et la présence du personnel de production est réduite.

À cela s’ajoutent les travaux dits « par points chauds » : soudage, meulage, découpe au chalumeau. Ils produisent étincelles et projections capables d’enflammer des poussières, des graisses ou des isolants plusieurs heures après la fin du chantier. Dans l’agroalimentaire, les farines, les huiles et les panneaux isolants des chambres froides font partie des matières à surveiller.

Les outils de prévention à vérifier avant chaque arrêt #

Le plan de prévention avec les entreprises extérieures

Quand une entreprise extérieure intervient sur un site, le Code du travail impose une coordination avec l’entreprise utilisatrice : inspection commune des lieux, analyse des risques liés à la coactivité, puis plan de prévention. En période d’arrêt, ce document doit refléter la réalité du planning, et non celle d’une semaine de production normale.

Concrètement, chaque intervenant doit savoir quelles zones sont consignées, quelles détections sont hors service et qui contacter en cas d’alerte.

Le permis de feu pour les points chauds

L’INRS consacre une brochure entière à cet outil : Le permis de feu (ED 6030). Le principe consiste à formaliser, avant tout travail par point chaud, l’analyse des risques, les mesures à prendre, les moyens d’extinction à prévoir et la surveillance après les travaux.

Ce dernier point est souvent le plus négligé. Un feu couvant peut se déclarer bien après le départ de l’équipe : la ronde de surveillance après chantier est une étape à part entière, à planifier et à tracer.

Le retour à la normale des protections

Les détections incendie ou les sprinklers mis hors service pendant l’arrêt doivent être listés et remis en service de façon vérifiée. Une simple fiche de suivi, signée par le responsable maintenance, évite qu’une protection reste neutralisée au redémarrage.

Ce que les équipes maintenance peuvent retenir #

L’incendie de Torcé n’a pas fait de blessé grave, et le groupe a pu réaffecter ses salariés rapidement. Pour les services maintenance, il rappelle surtout que l’arrêt annuel se prépare aussi sur le plan de la sécurité incendie : coordination des intervenants, permis de feu, surveillance et remise en service des protections.

L’enquête dira peut-être ce qui s’est passé dans ce bâtiment. En attendant, revoir sa propre procédure d’arrêt avant le prochain chantier reste la mesure la plus utile.

Questions fréquentes #

Connaît-on la cause de l’incendie de Torcé ?

Non. Le groupe a seulement indiqué que le site était en maintenance annuelle et qu’un intervenant extérieur était présent ; aucune cause n’a été communiquée.

Qu’est-ce qu’un permis de feu ?

C’est un document établi avant tout travail par point chaud (soudage, meulage, découpe) qui fixe les risques, les mesures de prévention et la surveillance après les travaux.

Pourquoi surveiller le chantier après la fin des travaux ?

Parce qu’une étincelle peut provoquer un feu couvant qui se déclare plusieurs heures plus tard, quand plus personne n’est sur place.

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