Quand une carte électronique lâche sur une machine, le réflexe est souvent de commander une pièce neuve. Encore faut-il qu’elle existe toujours au catalogue du constructeur. C’est sur ce créneau, la réparation et le reconditionnement d’électronique industrielle, qu’Aserti vient de grandir. Le groupe vannetais a annoncé le 1er octobre 2026 le rachat d’ADLC et de sa filiale Reman, deux spécialistes de la remise en état de cartes électroniques.
Plan de l'article
Qui sont ADLC et Reman ? #
Selon Le Journal des Entreprises, ADLC est installée à Dardilly, dans le Rhône, et répare surtout des cartes électroniques d’ascenseurs. Fondée en 1987, elle traite environ 30 000 produits par an sur trois sites : Dardilly, Marseille et Saint-Ouen-sur-Seine. Sa filiale marseillaise Reman travaille, elle, sur l’électronique automobile.
À elles deux, les sociétés emploient 52 personnes et réalisent environ 7,6 millions d’euros de chiffre d’affaires, d’après Aserti. Une partie de leur activité se fait déjà hors de France : l’international pèse 12 % de leur chiffre d’affaires, notamment en Belgique et en Italie. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué.
Un acheteur qui mise sur la réparation #
Aserti n’est pas un nouveau venu. Le groupe basé à Vannes compte près de 400 salariés et a réalisé 50 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé en 2025, toujours selon Le Journal des Entreprises. Le fonds Chequers Capital en est devenu l’actionnaire majoritaire en mars 2026.
Ce rachat est sa quatrième opération de croissance externe en cinq ans, les trois précédentes ayant porté sur la métrologie. D’après le magazine Production Maintenance, le groupe dispose désormais d’environ 700 bancs de test conçus en interne : plus de 400 chez Aserti Electronic et 300 chez ADLC et Reman. Aserti Electronic est aussi labellisée RecQ, un label européen consacré à la qualité du reconditionnement.
Florence Bertrand, directrice d’Aserti Electronic France, prend la tête d’ADLC et de Reman. Les équipes et l’encadrement restent en place. Elle résume l’intérêt de l’opération ainsi : « Cette acquisition nous permet de réunir des savoir-faire techniques différents et complémentaires ».
Pourquoi c’est une bonne nouvelle pour les services maintenance #
Pour un responsable maintenance, la panne électronique est souvent la plus pénible à gérer. Un moteur ou un roulement se remplace avec des références standard. Une carte de commande, un variateur ou une interface opérateur, c’est une autre histoire : la pièce d’origine peut être arrêtée, hors de prix ou livrée dans des délais qui immobilisent la ligne.
À lire Comment définir les périodicités : heures, cycles ou calendrier pour mieux gérer son temps
La réparation offre une troisième voie entre le stock de pièces et le remplacement complet de l’équipement. Une carte diagnostiquée sur un banc de test, réparée puis contrôlée, permet de redémarrer une machine dont le constructeur ne fournit plus de pièces. Elle prolonge aussi la durée de vie du parc, ce qui rejoint la logique d’économie circulaire mise en avant par Aserti.
La consolidation du secteur a deux effets concrets. D’abord, des acteurs plus gros peuvent investir dans davantage de bancs de test et couvrir plus de références. Ensuite, ils élargissent leurs domaines : avec ADLC et Reman, Aserti met un pied dans l’ascenseur et dans l’électronique automobile embarquée.
Ce qu’il faut retenir pour votre atelier #
Sans attendre de panne, quelques réflexes permettent de tirer parti de ces prestataires de réparation.
Recenser les cartes critiques
Listez les cartes et modules électroniques dont la panne arrêterait une ligne, et vérifiez pour chacun si le constructeur les fabrique encore. Les références en fin de vie sont les premières candidates à une solution de réparation ou à un stock de pièces reconditionnées.
À lire Les causes fréquentes des pannes électriques récurrentes à domicile
Tester un prestataire avant l’urgence
Envoyer une carte défectueuse « à froid », sans pression sur la production, permet de mesurer le délai réel, la qualité du rapport de diagnostic et la garantie proposée. Le jour où la panne tombe, vous saurez déjà à qui vous adresser.
Garder les pièces déposées
Une carte en panne n’est pas un déchet. Étiquetée avec le symptôme observé et la machine concernée, elle peut être réparée et revenir en stock de secours. C’est souvent le moyen le plus économique de sécuriser un équipement ancien.
Un mouvement appelé à continuer #
Aserti ne cache pas ses ambitions. Aymeric Wallaert, son directeur fusions-acquisitions, parle d’« une nouvelle étape de notre stratégie de croissance externe », et le groupe dit vouloir poursuivre ses rachats dans la réparation électronique, en France et en Europe. Pour les industriels, la réparation des cartes devient une vraie option de maintenance, et plus seulement un dépannage de dernier recours.




